
Chef d’entreprise de 42 ans, mariée et mère de 2 enfants,
Caroline VOLLE-COLOMER a le regard qui s’illumine et le verbe qui s'emballe à l’évocation quand elle parle d'
Interfiltre, son entreprise. Témoignage.
Interfiltre : une histoire de famille
Interfiltre a été créée par
Pierre COLOMER, mon grand père, il y a 40 ans. Ingénieur, il a mis au point dans les années 60
le filtre Statel à action électrostatique naturelle. Produisant en sous-traitance, il a voulu fabriquer lui-même ses filtres et a donc créé Interfiltre à Fervaques en 1970. C'était un visionnaire puisque ce filtre est toujours un produit phare de la société. Rapidement il a intégré deux de ses deux fils,
Olivier, mon oncle, comme directeur de production, et
Bernard, mon père, comme directeur commercial, et ma mère est devenue PDG dans les années 80. Interfiltre est une véritable entreprise familiale dont le capital est détenu à 100% par la famille COLOMER.
J’ai intégré l’entreprise en 1996 comme assistante commerciale après des études de vente et un détour par le sud de la France. Je suis ensuite devenue assistante qualité puis, en 2003, je pris la direction administrative d’Interfiltre. En 2006, mes parents, désireux de prendre leur retraite, ont commencé à chercher des repreneurs. L’échec de la vente et le désarroi du personnel face à la perte de la dimension familiale de la société, nous ont décidé avec
mon frère Christophe à racheter l’entreprise, à conserver notre "héritage".
Nous sommes devenus officiellement dirigeants de l’entreprise le 1er janvier 2008 : mon frère comme Directeur Général, en charge de la production et des commerciaux itinérants, et moi, en qualité de Présidente Directrice Générale, en charge de la gestion administrative et des commerciaux sédentaires. PDG de mère en fille, ma mère a tracé le chemin et je n’avais qu’à suivre ses pas.
Entrer dans la peau d'une chef d'entreprise
Pour autant, notre nouvelle vie de dirigeants n’a pas été de tout repos. Le rachat de l’entreprise s’est fait par la cession des parts et le départ à la retraite d’
Olivier COLOMER, pilier commercial de l’entreprise. Une baisse du chiffre d’affaires s’est fait sentir à laquelle est venue s’ajouter la crise économique en 2008. Nous premiers pas de chefs d’entreprises n’ont pas été simples. Le plus gros chantier a été de restructurer le service commercial itinérant pour renforcer notre présence sur le marché français.
Les forces d'Interfiltre
Depuis sa création,
Interfiltre s’appuie sur ses innovations pour se développer. C’est le cas pour le filtre Statel, composé de grilles en polypropylène, qui se charge en électricité statique au passage de l’air pour capturer les particules. Nous avons développé des appareils autonomes capables de dépoussiérer des atmosphères de travail (vapeurs, poussières, fumées, poussières brûlantes, …). La dernière innovation mise en place est le caisson OMS de filtration des brouillards d’huiles issus de l’usinage des pièces en métal. Parallèlement nous avons également développé des gammes de filtres jetables pour lesquels nous avons investi dans un centre de découpe automatique et gagné en productivité. Cette dernière activité représente aujourd’hui notre première activité commerciale. Notre force, ce sont aussi nos
1000 clients (90% d’installateurs et 10% d’utilisateurs directs dans les secteurs hospitalier, industriel, agroalimentaire et tertiaire) qui nous ont permis de réaliser en 2010
un chiffre d’affaires de 3,1 millions d’euros.
Une passion
Il faut être passionné par son métier quand on est chef d’entreprise parce que ça occupe 100% du temps et que c’est excessivement prenant. Heureusement, mon mari est en congé parental et s’occupe de notre dernier enfant. Avant de prendre la tête d’interfiltre, j’avais une autre passion : les chiens de traîneaux. J’en ai eu jusqu’à 8. J’ai dû arrêter faute de temps. C’est dommage parce que cela lavait bien la tête.
Des qualités nécessaires
Il faut être bonne gestionnaire et savoir précisément combien coûte une entreprise pour son fonctionnement. Il faut également faire attention à la pyramide des âges pour anticiper les départs des salariés les plus âgés car ils détiennent une partie des savoirs et savoir-faire de l’entreprise. Il faut également des qualités de gestion humaine pour pouvoir communiquer avec ses salariés. Je n’étais pas forcément préparée à cela mais heureusement je n’étais pas en terrain inconnu puisque certains salariés sont là depuis 40 ans et m’ont connue enfant. Cela a un peu troublé les rapports parfois au début et certains salariés faisaient preuve d’un peu de paternalisme avec moi mais aujourd’hui je suis pleinement reconnue comme dirigeante.
Le Calvados
Il y a ici une excellente qualité de vie à 1h30 de Paris.
Photo : Caroline VOLLE-COLOMER, PDG d'Interfiltre
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