
A 55 ans, Rodolphe Hamelin a toujours l’esprit d’entreprendre dans les gênes. Pourtant rien ne prédestinait ce maître nageur breton à créer à Caen en 1981 une des premières entreprises d’organisation de transport routier de France, implantée en Basse-Normandie. Avec son épouse, il développe une société qui organisera jusqu’à 10 000 transports internationaux par mois. En 1999, Les 8 filiales européennes représentent un effectif de 150 salariés. Il revend alors l’entreprise à un groupe américain et s’intéresse aux entreprises locales naissantes ou à reprendre dans lesquelles il pourrait s’investir. Son choix se porte
sur AdGène, né en 2001 de la rencontre entre trois jeunes scientifiques s’intéressant à la biologie moléculaire dans le domaine des plantes. Il y a 10 ans l’on parlait beaucoup de modifications génétiques des plantes pour les rendre plus résistantes. AdGène devient alors
le premier laboratoire bas-normand à détecter et quantifier la présence d’OGM, principalement dans le maïs, le colza et le soja.
Du statut d’investisseur, Rodolphe Hamelin se retrouve rapidement mis à la tâche et prend les rênes de l’entreprise,
basée à Thury Harcourt dans le sud du Calvados, au cœur de la Suisse Normande. Optimiste de nature, il fait le pari de la biologie moléculaire, technique d’analyse alors peu reconnue par rapport à la microbiologie mais qui a pour avantage de donner des résultats beaucoup plus rapidement.
Dès 2005, il développe un nouveau secteur d’activité :
la détection de la légionelle dans les réseaux d’eau chaude sanitaire et les tours aéro-réfrigérantes (bactérie affectant le système respiratoire). Ces analyses sont rendues obligatoires dans tous les établissements recevant du public (hôpitaux, écoles, maisons de retraite, piscines…). Environ 1 500 cas de légionellose sont détectés chaque année en France. 85% des analyses d’AdGène sont pour le moment effectuées par culture et comptage des bactéries actives (microbiologie). Rodolphe Hamelin persévère cependant dans son idée d’imposer la méthode de la biologie moléculaire. Et la réglementation lui donne finalement raison puisqu’en juillet dernier la nouvelle norme d’accréditation pour les analyses de légionellose inclut la biologie moléculaire.
En France sur 4 000 laboratoires d’analyse, seulement 200 sont accrédités, dont AdGène.
Ces analyses représentent aujourd’hui 70% du chiffre d’affaires de la société qui a crû de 250 K€ en 2005 à 650 K€ en 2010.
Rodolphe Hamelin pressent que le marché des analyses liées à la biologie moléculaire est énorme pour AdGène.
L’étape suivante sera donc la création d’une offre de diagnostic plus complète, ainsi que le lancement de trois projets ambitieux de recherche et développement autour de puces à ADN et d’analyseurs d’eau innovants. Pour favoriser ce développement
AdGène investit des locaux neufs à Thury Harcourt en novembre où prendront place les 13 salariés de l’entreprise ainsi que les 4 salariés d’OSI Santé.
Le crédo de Rodolphe Hamelin :
« mettre en relation l’innovation et le marché, s’assurer que l’invention réponde à un vrai besoin de consommation futur, et anticiper celui-ci pour arriver le premier ». Audace et tenacité. Ce sont ces principes qui l’ont amené à faire évoluer la société de développement informatique OSI Santé créée également il y a 10 ans. Cette entreprise édite un logiciel de gestion des campagnes de dépistage des cancers. Rodolphe Hamelin souhaite orienter aujourd’hui l’entreprise vers des solutions innovantes de dématérialisation.
Un challenge qu’il vit au quotidien : s’adapter à la situation et toujours afficher un optimisme génétique !
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Rodolphe Hamelin dans ses nouveaux locaux à Thury Harcourt
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