« Depuis l’âge de 12 ans, je voyage seule. Ce sont mes parents qui m’ont donné le goût du voyage, en m’ouvrant sur le monde. Mon tout premier départ en avion m’a marquée : en 1980, j’ai décollé de l’aéroport de Carpiquet pour me rendre à Birmingham via Londres, dans un appareil de 18 sièges. »
De cet aéroport, Maryline Haize-Hagron en connaît aujourd’hui tous les recoins. Après sa famille, c’est sa deuxième maison et véritablement sa passion. Plus de 20 ans que cela dure. Son choix s’est arrêté sur le tarmac de Carpiquet. A moins que cela ne soit l’inverse. Une histoire privilégiée qui les a liés au fil des ans.
De son poste de pilotage, elle voit les avions désormais défiler, les uns après les autres : des lignes quotidiennes effectuées entre Caen et Lyon, aux jets privés, du vol commercial au vol de tourisme.
Au gré des événements, elle rencontre les « grands de ce monde », des visites prévues de présidents et de ministres ou plus inattendus, le Prince Charles accompagné de Camilla, l’oligarque russe Abramovitch… mais c’est la présence de Barack Obama qui engendre le plus d’émotions. Ce 6 juin 2009 restera tout spécialement gravé dans sa mémoire : « ce fut une grande joie d’être à ses côtés et de le saluer. » Son équipe en est fière, la photo, encadrée, est en bonne place.
La stagiaire embarque
Retour en arrière. L’adolescence est vécue dans le Bessin, à Bayeux (Calvados) : « dans une ville chaleureuse et accueillante. ». Son goût pour le voyage est intact. Les premières sensations de vol virent à l’envie d’évasion. Maryline embarque à bord des avions, des trains et des ferries. Son choix se tourne naturellement vers l’Europe : Irlande, Ecosse, Norvège et Finlande... Elle s’imprègne totalement de ces cultures nordiques.
En mars 1988, au cours du BTS Tourisme, elle postule pour un stage. La CCI (Chambre de Commerce et d’Industrie) de Caen, qui gère l’aéroport, lui répond favorablement. Cette native de Carentan prend son deuxième envol, professionnel cette fois.
Le stage se prolonge par un CDD puis une titularisation au sein de l’établissement consulaire. « J’ai été là au bon moment tout en faisant preuve de pugnacité, de volonté. J’étais la première femme à travailler au sein de l’aéroport. » Elle va gravir les échelons, s’imprégner de l’atmosphère, sans brûler les étapes. « Une femme doit gagner ses galons » précise t’elle.
Dans un premier temps, elle se révèle en tant qu’agent d’escale où elle assure l’assistance, l’enregistrement, l’embarquement et la vente. Un métier polyvalent, ouvert sur une clientèle qu’il faut choyer : « Je suis extrêmement attachée à la qualité des services. L’aéroport est une porte d’entrée sur la région, le premier regard du passager sur la Normandie se pose ici, nous devons lui laisser une impression agréable. »
De 1993 à 2002, l’évolution de carrière de Maryline Haize-Hagron est ponctuée de nomination, de nouvelles responsabilités, de chef de section à chef d’escale : « avec cette promotion, j’enrichissais mon poste en abordant l’assistance sur la piste.»
Nommée directrice
Deux hommes vont lui faire entièrement confiance. Son premier directeur, Patrick Ravier qui dynamise le trafic de l’aéroport en développant les vols charters : « il aurait pu vendre de la glace aux esquimaux. » En 2000, il partira diriger, avec succès, l’aéroport de Beauvais.
Le second, Philippe Thieuw, directeur des équipements portuaires et aéroportuaires de la CCI de Caen : « il est dans la continuité de Patrick Ravier, il fait confiance et délègue. C’est aussi l’homme de la nouvelle aérogare. » En 2002, cet équipement est construit et nécessite un redimensionnement des équipes, des outils et des méthodes.
Maryline s’investit alors à 200% dans ce nouveau challenge : tantôt la sûreté, la sécurité incendie, l’exploitation ou la gestion du personnel….son engagement dans ses nouvelles missions lui vaut le titre de Responsable d’exploitation.
« Nous optimisons au maximum l’outil de travail. On arrive à équilibrer les finances de la plateforme grâce à une gestion fine. Nous mutualisons certains moyens avec Le Havre. Le métier de responsable d’exploitation est riche et diversifié : les procédures, les réglementations, les process, la gestion des vols et des passagers, les moyens humains et techniques, les audits fréquents en font un métier passionnant. »
C’est dans ce contexte que Maryline Haize-Hagron, en 2007, va parfaire ses connaissances en suivant le module du Master management aéroportuaire. Quelques mois après, elle accède à la direction de l’exploitation de l’aéroport.
« Je dois mon parcours aux confiances accordées, rien n’est plus valorisant que d’être reconnu. Je suis fière de mon parcours, de ce que j’ai réalisé. »
A 42 ans et malgré les sollicitations pour diriger un autre aéroport, Maryline Haize-Hagron est toujours éprise de son aérodrome. Elle reste fidèlement aux commandes, convaincue qu’il reste encore de nombreux chapitres à écrire…
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