En Normandie, à La Ferrière Harang au sud du Calvados, il existe une verte vallée où coule une rivière dénommée la Souleuvre… un environnement paisible dominé par un majestueux viaduc d’où s’échappent des cris stridents toutes les 3 minutes ; car c’est d’ici, à 61 mètres de haut que s’élancent chaque année quelques 10 000 personnes en quête de sensations fortes… les chevilles solidement arrimées à des élastiques !
Nous sommes sur le site français originel du saut à l’élastique, ou Bungy, ouvert en 1990 par AJ Hackett International ; une société néo-zélandaise, du nom de son fondateur, pionnière dans le saut à l’élastique et aujourd’hui leader mondial du tourisme d’aventure. Sur place, l’entreprise est organisée en SARL sous le nom Bungimagine ; à sa tête, Christian Ferrier, un passionné des sports extrêmes (près de 600 sauts au compteur dans 25 sites à travers le monde !). Cet autodidacte de 52 ans, qui déborde d’énergie, est un véritable caméléon professionnel. C’est en région parisienne qu’il débute sa carrière à 18 ans, « en bas de l’échelle », dans le secteur de la téléphonie, au métier d’opérateur informatique. « J’ai tendance à m’investir totalement dans ce que je fais […] j’ai envie que ça fonctionne ». Avec cet état d’esprit, Christian Ferrier grimpe rapidement les échelons de la hiérarchie et quand, en 1991, il quitte son entreprise, il dirige une équipe de 40 personnes à 33 ans.
La même année, il saute pour la première fois au Viaduc de la Souleuvre, en tant que client… « J’avais besoin d’évacuer le stress et la pression de mon travail ». Il en revient fervent adepte et décide de se lancer dans les sports extrêmes (moto, canyoning, rafting…) en créant une association, « Issy Aventure » ; son but : convaincre que les sports extrêmes sont accessibles à tous. Pendant trois ans, Christian Ferrier revient régulièrement au Viaduc de La Souleuvre pour y organiser des raids… et en 1994, il accepte la casquette de directeur commercial puis celle de responsable de site. Depuis, pour optimiser la gestion du site et le pérenniser, l’activité a été complètement réorganisée. Aujourd’hui, la SARL Bungimagine emploie 4 salariés permanents et jusqu’à 30 personnes d’avril à octobre : « J’ai voulu créer une petite équipe polyvalente, qui travaille dans un esprit familial ». Chaque année, plus de 80 000 personnes visitent la vallée de 12 hectares, où 2 millions d’euros ont été investis depuis l’ouverture il y a 20 ans.
Installée sur neuf sites dans 6 pays différents (Allemagne, Chine, Australie, Indonésie, Nouvelle-Zélande et France) et employant 200 salariés,
AJ Hackett International a déjà permis à 2,5 millions de personnes
« d’aller au-delà de leurs peurs » en développant continuellement des produits innovants d’aventure ultime. Au Viaduc de la Souleuvre, deux autres activités sont proposées au public : la tyrolienne géante « Scable » depuis 1999 et la balançoire « Swing » depuis 2008.
« Le public vient car nos attractions sont uniques. » Il est primordial de se diversifier car
« 80% des clients sautent une seule fois […] 70% d’entre eux sont des hommes, de 18 à 35 ans ». Le panier moyen sur place est de 105 euros HT (comptez 99 euros TTC pour un saut). En 2009, le chiffre d’affaires de Bungimagine s’élevait à 1,2 millions d’euros.
Cet été, le public pourra découvrir une nouvelle activité, le « Top Swing » et une journée événementielle sera organisée le 8 août pour fêter les 20 ans du site. Mais Bungimagine a encore des projets en tête, cette fois-ci à l’intention des entreprises. D’ici trois ans, un nouveau bâtiment de 500m² permettra d’accueillir séminaires et incentives.
Quant à Christian Ferrier, il semble s’intéresser davantage à l’humain qu’aux chiffres. « Nous devons être sereins, pour mettre nos clients à l’aise et les convaincre […] ils mettent leur vie entre nos mains » et de conclure « ici, on travaille par passion, on ne gère pas une carrière ». Qu’il se rassure, il peut être fier de la sienne !
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