Avec un diplôme d’ingénieur chimiste obtenu à l’école de Lyon, Luc Chavany a lancé sa carrière dans la matière plastique et ses diverses applications. A 46 ans, il est désormais à la tête de Travyl, une PME nichée aux confins du Pays d’Auge, dans le Calvados.
Les voyages n’ont rien changé au caractère de cet homme. Il a gardé et même préservé ses origines lyonnaises, avec son accent indélébile. Pendant deux décennies, il répondra activement aux différentes sollicitations de sa hiérarchie. Apres une expatriation à Londres comme chargé d’études marketing au sein du groupe Gerflor, à 30 ans, il est nommé directeur général de Plastinord-Carolex. Il dirigera une société à Anvers (Belgique), une autre aux Etats-Unis, en Géorgie, au sud d’Atlanta ; il sera aussi à la tête de 200 collaborateurs sur trois entités - Lyon, Saumur et Béthune -.
Luc Chavany est alors désireux d’investir et de s’investir entièrement dans un nouveau challenge. Plus personnel. Le désir de devenir entrepreneur en tant que tel est une réalité. Il préfère quitter la direction - de directeur marketing – de Vitasheet Group, une société anglaise et l’un des leaders européens du secteur.
Seul aux commandes
Six mois ont suffi pour changer sa destinée ou tout au moins pour l’arrimer sur une autre sphère. Cette fois, c’est décidé, après mûre réflexion, il tient à conduire lui-même sa société. Il sera donc seul à chapeauter un établissement d’une trentaine de collaborateurs dans un village de moins de 400 âmes. A Biéville-Quétiéville, au lieu-dit « La Tuilerie », il prend le contrôle de Travyl, une société dédiée à la transformation de films flexibles et des emballages à destination de la papeterie, du packaging, des arts graphiques ou de l’industrie.
A l’automne 2007, il se lance dans cette aventure. Loin de tout semble t-il mais toujours si prêt de sa cause. Sa formation lui permet d'en faire son domaine de prédilection. Malgré ses expériences, il reste humble, respectueux de son univers, de ses collaborateurs. Il raisonne en fonction de son champ d’activités et des perspectives à venir.
Car l’homme est un intime, un analyste du marché du plastique. Il réalise des études, des prospectives destinées à des revues spécialisées ou à des investisseurs. A travers sa structure CH-5, il apporte un éclairage sur le devenir du plastique. Il croit en l’innovation et au recyclage pour sortir favorablement du contexte et rester un acteur typique et indépendant.
« Je pense qu’une partie de l’activité va continuer à se délocaliser en Asie. En revanche, une autre va revenir en Europe et au Maghreb pour au moins trois raisons : des questions écologiques, de respect des cahiers des charges, de coûts des matières premières. Les énergies vont continuer à augmenter... »
« C’est un travail de fourmi… »
En attendant, il aurait aimé un petit coup de pouce du destin pour élargir sa gamme de services : introduire une nouvelle ligne de commande au sein de ses 3 000 m² de bâtiments afin de consolider son portefeuille. Dans un contexte économique où il vaut peut-être mieux tenir que courir, Luc Chavany a préféré solidifier ses structures. Quitte à reporter, dans le temps, de futurs investissements : « L’heure n’est pas à monter sur les planches, il faut revenir à des valeurs de base. C’est un travail de fourmi... Diriger une PME : c’est à la fois plus facile pour prendre des décisions mais c’est plus compliqué pour prendre du recul » convient-il.
Les idées se propulsent : « En perdant du temps…à rencontrer des gens, lire la presse, écouter ses clients, se déplacer à des réunions, visiter des expositions. Ce qui est difficile dans une PME, c’est de pouvoir dégager du temps… pour trouver des solutions originales. » Le principe est pourtant de se manifester et de maximiser les produits en utilisant des matières végétales, de miser sur l’innovation, le design avec des produits écologiques. L’ingénieur chimiste fourmille toujours de notes entre inspirations éclairées et éclosion d’échantillons.
Il aspire à fortifier Travyl dont le chiffre d’affaires voisine les 7 millions d’euros dont 8% à l’exportation (Espagne, Italie, Belgique, Scandinavie, Maghreb). D’ici trois ans, son directeur ambitionne de voir cet indice pointer à 30%.
A présent, il conforte les structures humaines de ses activités : un ingénieur pour son laboratoire, un responsable technique et innovation, une assistante commerciale trilingue, sans oublier une comptable pour coordonner une gestion rigoureuse. Il va devoir assurer la transmission du savoir faire au sein de son entreprise par un effort extrêmement soutenu de formation : dans les 5 ans, 30% de l’effectif doit partir à la retraite.
Luc Chavany garde le cap et pour se ressourcer, change radicalement d’atmosphère pour se plonger dans les Rocheuses aux Etats-Unis. Il reste toutefois collé à la réalité et poursuit ses multiples actions pour faire de Travyl, une vraie référence dans sa spécialité.
Pour plus d’informations, consultez le site : Travyl
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