A 40 ans, Laurent Capellari est un homme heureux : partagé entre la direction de sa société, le Laboratoire Cotral (à Condé-sur-Noireau, au sud de Caen – Calvados), sa famille et ses courses d’endurance. Fort d’un beau succès professionnel, il croque la vie à pleines dents et revendique un état d’esprit positif, loin du bruit et de la crise.
Cet ancien chef de publicité au MOCI (Moniteur du Commerce International) a toujours souhaité reprendre une entreprise.
Dès l’âge de 12-13 ans, il se projette déjà à la tête de sa société, auréolée de succès. Un bac C - à Alençon où son père sera directeur de la Chambre des Métiers de l’Orne - puis un diplôme de l’école de commerce (ISG à Paris) en poche, lui donnent des arguments. Mais les finances, indispensables pour concrétiser ses envies, sont plutôt limitées : « je n’avais pas d’argent. J’ai donc étudié toutes les entreprises en difficulté qui me paraissaient avoir du potentiel. »
En 1992, SIHS (spécialisé dans la protection auditive dont le chiffre d’affaires est de 400 000 euros) est en redressement judiciaire. Le temps de se pencher sur le dossier et l’affaire est dans les mains du tout jeune repreneur. Trois composantes, santé-bruit-industrie vont retentir au creux des oreilles de Laurent. « Il fallait se remonter les manches, relever les échéances, se fixer des sommets. » Cotral est né et va s’installer durablement à Condé-sur-Noireau.
En parallèle, le tout nouveau PDG crée une autre structure, Llexell. Là encore, ce visionnaire a de la suite dans les idées : « avec Gwénolé Nexer, aujourd’hui directeur technique du Groupe Cotral, nous avions la conviction que certaines tâches des commerciaux pouvaient être automatisées. Nous avons créé un logiciel de force de vente. L’entreprise a compté 15 collaborateurs. Le marché mondial était important mais nous n’avions pas les clés pour développer davantage la société. Nous l’avons revendue. »
Des objectifs toujours plus hauts
Laurent Capellari, né à Beauvais (Oise), dont une partie de la famille est originaire du Frioul (nord de l’Italie) est aussi un passionné d’économie. « Je travaille beaucoup, je n’ai pas une vie sociale très développée. J’ai surtout besoin de me retrouver dans mon cocon familial. » Il est capable d’afficher des objectifs précis, à tous les niveaux. Et de s’y tenir. Un défi parmi d’autres lancés par ce sportif, amateur de vélo. Il s’engage régulièrement sur le marathon, à raison de 2 à 3 par an.
Son premier est encore en mémoire : à La Rochelle, il l’a parcouru en 4h05. Le meilleur chrono est de 3h42 : « mon prochain objectif est de descendre à moins de 3h30. L’avantage du marathon, c’est qu’il oblige à mettre en place la même rigueur que dans l’entreprise. Un sportif a des réflexes : goût de l’effort, dépassement de soi, remise en cause qui se transmettent dans le travail. »
Le Laboratoire Cotral dispose d’une équipe jeune – 30 ans de moyenne d’âge- et compte 130 collaborateurs. « J’ai, autour de moi, des hommes et des femmes performants qui ont la rage de gagner, d’évoluer, de changer leur environnement. Notre taux de croissance est de 7 fois supérieur à la moyenne du marché des équipements de protections individuelles. »
Les résultats sont flatteurs et méritent le respect : tous les quatre ans, le chiffre d’affaires est doublé. 20 millions d’euros (en 2009) dont 25 % sont réalisés à l’exportation, essentiellement en Allemagne, en Belgique et en Suisse (à terme, cela devrait représenter 70 % du CA avec des perspectives en Italie et en Grande-Bretagne). La clientèle est variée : des artisans locaux aux leaders internationaux tels Danone, Lafarge, Areva…
Un investissement de 8 millions d’euros
S’introduire en bourse n’est pas une finalité pour le PDG. Cela peut-être éventuellement une opportunité et un moyen pour se développer. « Quand j’ai une idée, je parviens à me projeter. La culture de la sécurité, de la santé s’est fortement développée. L’audition, c’est la communication avec les autres. La concurrence est forte avec de petits acteurs et des leaders mondiaux mais on peut toujours contrarier les mastodontes. Pour Cotral, mon prochain objectif est de parvenir à 300 collaborateurs. Je suis ambitieux tout en ayant des objectifs réalisables. »
Un investissement de 8 millions d’euros est engagé, à l’automne 2009, pour la construction d’un second bâtiment de 3 400 m², toujours à Condé-sur-Noireau. Il abritera un nouveau mode de production : la fabrication 3D. Un logiciel qui permet de scanner, en 3 dimensions, les empreintes de l’oreille et du conduit auditif avec une précision à 50 microns.
Laurent Capellari se rapproche de l’infiniment petit tout en voyant grand ; très certainement pour mieux écouter et ressentir les opportunités à venir.
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