Dans le paysage industriel, Sominex est une PME qui tire son épingle du jeu sur le plan national et international. A sa tête, Jean-Jacques Benoît, convaincu par son métier, est capable de porter haut les activités de sa société. Il est auréolé de plusieurs succès mais reste extrêmement attentif aux évolutions technologiques.
L’homme est rompu aux arcanes du pouvoir et aux prises de décisions sans demi-mesure. Pour conserver un certain leadership, il a œuvré avec intelligence et stratégie quitte à franchir à de multiples reprises les frontières de la Normandie pour déployer son savoir faire et prospecter tout naturellement à l’étranger.
D’un tempérament calme et posé, la moustache élégante et finement taillée, Jean-Jacques Benoît possède cette stature de gentleman. Et pourtant, toutes ses origines sont normandes : une naissance à Dieppe (Seine-Maritime), une scolarité à Orbec (Calvados), la suite à Rouen avec le lycée puis des études supérieures. En 1974, il rentre chez Sominor à Bayeux.
La crise, une porte d'entrée
La société sera en proie à de sérieuses difficultés avant son rachat par Geoservices (l’un des leaders mondiaux centré dans les services pétroliers). Il devient directeur de la production et commercial en 1976 et s’offre des cours de management à l’IAE de Caen.
En 1983, l’entreprise connaît de nouveaux déboires : « J’ai proposé un plan de redressement et coupé les branches de secteurs qui perdaient de l’argent dont deux bureaux d’études et des unités de production spécialisées dans le domaine de la pêche. J’ai diversifié les activités à outrance, développé la partie commerciale et prospecté la clientèle. Je parcourais 70 000 kilomètres par an sans compter les déplacements en train et en avion » se remémore le tout jeune chef d’entreprise de l’époque.
En quatre ans, Sominex (ex Sominor) se redresse et Jean-Jacques Benoît s’octroie, au fil du temps, 56 % des actions de sa société, preuve d’un investissement total et sans concession. A croire qu’à chaque période de crise, le dirigeant s’emploie à prendre des décisions, toujours aussi tranchantes mais synonymes de pérennité. « Avec la crise économique de 1993, j’ai eu plusieurs alertes sur le secteur de l’automobile avec lequel nous avions un chiffre d’affaires important. J’ai misé sur les hautes technologies, me suis porté sur des niches bien spécifiques et décidé de me rapprocher des laboratoires de recherches et des scientifiques pour former du personnel et déposé des brevets. »
Une culture industrielle du futur
En 2002, Sominex réalise 50% de son chiffre d’affaires dans le domaine de l’automobile. Il tombera alors à 3% lors de l’exercice suivant. Jean-Jacques Benoît reclasse ainsi la totalité de son personnel et les changements de stratégie, cohérents, sont bénéfiques. Quatre départements, Energies, Sciences, Défense et Industrie forgent l'identité de cette affaire composée aujourd’hui de 74 collaborateurs : « Le chiffre d’affaires double en quatre ans et passe de 6 à 13 millions d’euros en 2008 dont 40% à l’exportation. Nous avons aussi ouvert une agence sur le parc technologique de Colombelles afin de nous rapprocher de nos clients parisiens et étrangers. »
En parallèle, l’un de ses clients, Areva lui propose de saisir les reines de l’une de ses filiales, Pantechnik, localisé également à Bayeux : « Je ne suis pas un physicien mais j’ai constitué un tour de table avec plusieurs actionnaires. Cette société avait une bonne image toutefois elle ne possédait pas de culture industrielle et perdait de l’argent...Une équipe a été constituée avec deux anciens directeurs du GANIL (située à Caen, le laboratoire, de renommée internationale, est dédié à la physique nucléaire : NDLR). »
Leader mondial
Le directeur général de Pantechnik (12 salariés) - devenu le leader mondial ECR d’ions carbone - n'est pas peu fier, on en serait d’ailleurs à moins : en 2009, le chiffre d’affaires de la société se monte à 4 millions d’euros (dont 95% à l’international) et ressort avec un résultat net de l’ordre de 8 %.
Lors de ces belles réalisations, Jean-Jacques Benoît a gratifié la part humaine dans l'entreprise, refusant de céder aux sirènes financières. « Diriger une société est une grande aventure passionnante mais rechercher la rentabilité financière à tout prix ne m'a jamais intéressé. J’ai toujours privilégié la relation humaine et la pérennité au sein de l’entreprise. »
De son parcours et des attentes de sa vie professionnelle, le jeune Normand aspirait pourtant à une autre voie : « Mon père dirigeait une entreprise de serrurerie avec 10 salariés. Il était souvent absent et je m'étais dit, jamais je ne serai patron... »
A l’évidence, le destin en a décidé autrement et sa mission se poursuit avec la même émulation : « Ma préoccupation est de structurer la société pour en assurer la transmission mais pas avant 7 à 8 ans. Je dois amener l’entreprise à se pérenniser avec cette démarche purement industrielle pour qu’elle soit toujours saine et rentable. »
A l’image de l’homme qui se réjouit de sa vie de famille et savoure chaque week-end son heure de footing et depuis 25 ans, sa séance de tennis pour continuer à trouver cette alchimie personnelle et professionnelle.
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